BLOGUEUSE INVITÉE : Un regard audacieux vers le futur de l’accès

On célèbre la Journée du droit à l’information aujourd’hui avec des évènements dans 20 pays à travers le monde (renseignements en anglais seulement). Nous avons l’opportunité d’accroître la sensibilisation à notre droit d’accès comme droit de la personne fondamental et comme un droit d’accès à l’information du gouvernement. Au Canada, le droit d’accès est un droit quasi-constitutionnel qui a été reconnu par le Cour suprême comme étant un droit dérivé de la liberté d’expression protégé par l’article 2(b) de la Charte des droits et libertés dans certaines circonstances. Je me réjouis de l’occasion d’avoir organisé, en collaboration avec l’Université Carleton, un séminaire qui traite de l’accès à l’information et du gouvernement ouvert, de lancer le Prix Grace-Pépin de l’accès à l’information, et d’inviter Jayme Poisson, journaliste d’enquête du Toronto Star. Jayme est la lauréate du Prix Greg Clark et elle a choisi d’étudier l’accès à l’information.

J’ai demandé à Jayme de rédiger un billet comme blogueuse invitée sur ses expériences avec l’accès, y compris son étude sur le sujet.

jayme-poisson-and-the-commissioner

La Journée du droit à l’information est l’occasion parfaite pour les journalistes, ainsi que toutes les personnes autour du monde, de prendre du recul et se pencher sur les valeurs d’un gouvernement ouvert que nous cherchons tous.

Ma visite au Commissariat à l’information s’est terminée hier. J’ai eu l’occasion de discuter franchement avec les fonctionnaires au sein du Commissariat, y comprise la commissaire Legault. Ce séjour (et un séjour au préalable avec le Commissariat à l’information et à la protection de la vie privée de l’Ontario) découle d’un prix que j’ai reçu de la Fondation pour le journalisme canadien. Ce prix, nommé d’après l’héritage du grand journaliste canadien Greg Clark (lien en anglais seulement), a été conçu pour permettre à un journaliste en début de carrière d’étudier une question de façon approfondie, dans le but de l’aider à se perfectionner dans son métier.

Je voulais étudier l’accès à l’information au Canada parce que mon expérience, pour obtenir des documents du gouvernement pour mes articles en utilisant ces lois, a été mitigée. Pour chacun de mes succès, je me heurtais à un mur ou deux. Je désirais mieux comprendre les subtilités de la Loi qui contraint les fonctionnaires délégués à décider ce qui peut être divulgué ou non. Mes séjours aux commissariats des deux commissaires à l’information m’ont aidé à comprendre davantage et m’ont donné une meilleure idée des recours disponibles lors des processus d’appels, ainsi que des processus de plaintes gérés par leurs bureaux. Je suis très reconnaissante de cette opportunité.

La Loi sur l’accès à l’information, qui n’a pas été mise à jour depuis 1983, doit être modernisée. J’ai participé lundi à un séminaire pour la Semaine du droit à l’information  à l’Université Carleton. Je faisais partie d’un panel avec mes collègues journalistes Sean Holman et Justin Ling. Nous avons abordé les façons dont la Loi entravait la divulgation d’information d’intérêt public en raison d’exceptions trop larges qui peuvent être appliquées aux documents, notamment ceux reflétant les décisions du gouvernement. Nous avons discuté aussi de la problématique que la Loi ne s’applique pas aux bureaux des députés ni ceux des sénateurs ou même celui du premier ministre. De plus, nous avons parlé du fait qu’il faut plus de ressources et une meilleure formation pour les fonctionnaires qui sont chargés de divulguer de l’information pertinente.

Ces suggestions ne datent pas d’hier. Elles figurent parmi parmi les 85 recommandations de la commissaire Legault pour moderniser la Loi et amener le Canada à l’avant-garde mondialement de la transparence gouvernementale (un rôle où nous tirons de l’arrière). Elle m’a expliqué, et elle a ensuite répété durant son allocution à Carleton lundi, qu’elle est optimiste que le gouvernement actuel est engagé à effectuer des changements significatifs, tels que lui donner des pouvoirs d’ordonnance. La commissaire Legault a aussi parlé qu’il fallait un changement de culture où les gouvernements seraient ouverts par défaut. Elle m’a mentionné qu’elle voyait déjà un changement dans le nouveau gouvernement et dans la façon dont les fonctionnaires avaient déjà commencé à améliorer la transparence. C’est un virage dans l’attitude, illustré par l’honorable Scott Brison, président du Conseil du Trésor, qui a participé au séminaire lundi (ceci devrait vous donner une idée de ce qu’était les priorités du gouvernement précédent en matière d’accès). Durant son allocution, M. Brison a réaffirmé les promesses électorales des Libéraux, y compris la réduction de leur temps de réponse lamentable. « Nous avons déjà fait beaucoup de chemin, » a-t-il dit. « Mais, nous pouvons faire mieux. »

J’espère que notre gouvernement s’améliore vraiment parce qu’un gouvernement ouvert est mieux pour les Canadiens et les Canadiennes. Je reconnais que ce ne sont pas des changements simples. Mais j’espère qu’ils seront audacieux.

Comme la commissaire a elle-même expliqué, « Le travail d’arrache-pied commence maintenant. »

Jayme Poisson (lien en anglais seulement) est une journaliste d’enquête avec le Toronto Star. Elle étudie l’accès à l’information au Canada en lien avec le Prix Greg Clark de 2016 de la Fondation pour le journalisme canadien.

English Version

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s